Visite de la ministre aux Services Educatifs, Judiciaires et Préventifs (SEJUP)

Donner un souffle d'espoir à ces centres

La ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant aux Services Educatifs, Judiciaires et Préventifs (SEJUP) : Donner un souffle d'espoir à ces centres

La ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant, Dr Maikibi Kadidiatou Dandobi, accompagnée de ses plus proches collaborateurs, a visité mercredi dernier les trois centres des Services Educatifs Judiciaires et Préventifs ou SEJUP que compte la Communauté Urbaine de Niamey, sur les 34 centres créés en 2006 au plan national. La ministre s'est donc rendue successivement dans ces centres situés aux quartiers Koiratagui, Soni et Karadjé. L'objectif de ces visites de la ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant est de s'enquérir de la situation difficile que traverse ces différents centres, afin de leur apporter des solutions en termes de prise en charge et d'insertion des enfants de 0 à 18 ans en difficulté familiale, et ce conformément aux engagements des autorités de la 7ème République.

Le SEJUP de Koiratagui, qui regroupe des communes I et II a constitué la première étape de cette visite. La délégation ministérielle, accueillie par les responsables du centre et les autorités coutumières, a ensuite visité les différents locaux. Selon les responsables du centre, une centaine de mineurs y est actuellement récupérée et exerce différents métiers dont le tricotage, la menuiserie, la fabrication de l'encens et des savons liquides. Ils ont saisi cette occasion pour rappeler les objectifs du SEJUP qui sont la prévention de la délinquance juvénile, de la violence sur mineurs et de l'exploitation des enfants.

Ils ont indiqué que la stratégie des SEJP consiste à identifier les enfants lors de sorties nocturnes ou diurnes de leurs équipes dans les rues et autres coins chauds de la capitale, et de les orienter vers les centres. Cette première catégorie d'enfants est, le plus souvent, sans charge judiciaire. Par contre, poursuit le responsable du SEJUP de Koiratagui, le transfèrement des enfants en conflit avec la loi au centre est facilité par l'ordonnance du juge mineur. Mais, a-t-il dit, il y aussi des enfants qui viennent d'eux-mêmes s'inscrire au centre, ou qui sont confiés au centre par des membres de leurs familles.

Parlant des difficultés auxquelles que fait face le centre, le responsable de SEJUP de Koiratagui a relevé entre autres le manque d'eau, d'électricité, les besoins en informatique, l'insuffisance des salles de formation, l'exigüité et le délabrement du bâtiment dont l'entretien constitue pour eux un des problèmes majeurs. Après avoir écouté attentivement ces différentes préoccupations, la ministre a pris l'engagement d'y apporter les solutions appropriées.

La délégation s'est ensuite rendue au SEJUP du quartier Soni qui regroupe les enfants des communes 3 et 4 de Niamey. A ce niveau également les responsables du centre ont exposé à la ministre les difficultés qu'ils rencontrent. Il s'agit notamment du loyer, des factures d'eau à honorer, ainsi que la prise en charge alimentaire et vestimentaire de ces enfants en difficulté. Ils ont affirmé qu'en 25 sorties au cours de cette année 2014, dont 18 diurnes et 7 nocturnes, l'équipe du SEJUP a pu identifier 88 garçons et 30 filles.

Faisant un peu le bilan de leurs activités au cours de l'année écoulée, le responsable a indiqué que le SEJUP du quartier Soni a pu former et autonomiser une quinzaine de filles et une douzaine des garons. En réponse aux préoccupations évoquées, la ministre a suggéré d'intensifier et de répertorier toutes les familles de ces enfants en difficulté, car a-t-elle dit, il faut attaquer le mal à la racine. Et cela consiste, devait-elle indiquer, à leur apporter périodiquement au moins une assistance alimentaire, afin d'atténuer un tant soit peu leurs souffrances. Cependant, recommande-t-elle, la vigilance doit être accrue au cours de ce recensement afin, d'éviter d'une part que certains malicieux ne profitent de la situation au détriment de la vrai cible, et d'autre part, de distinguer les talibés des enfants que le SEJUP récupère.

Elle a conseillé aux responsables du centre de fournir une statistique basée sur la réalité du terrain qui permettra au Ministère, en collaboration avec ses partenaires, d'agir efficacement avant la fin cette année 2014. En effet avec cette identification, on pourra établir des pièces d'identités pour ces enfants, ce qui est d'ailleurs leurs droits, a dit la ministre. ''Nous avons en charge tous les enfants du Niger, mais les enfants en situation de vulnérabilité restent notre priorité'', a-t-elle ajouté.

Le SEJUP du quartier de Karadjé, dans le 5ème arrondissement, a constitué la dernière étape de ces visites de la ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant. Là, après une brève présentation du centre, les responsables ont exposé à la délégation ministérielle le calendrier de leurs activités, notamment les visites dans les familles, les visites au commissariat de la commune V, au Commissariat Central, et à la Prison Civile afin d'identifier les enfants en difficulté.

A la fin de chaque visite, la ministre Dr Maikibi Kadidiatou Dandobi a salué les efforts des agents du centre, qui, a-t-elle dit, travaillent d'arrache-pied pour récupération des enfants au niveau de la capitale et dans les différentes régions. Malheureusement, a-t-elle déploré, ces centres font face à des difficultés énormes, mais grâce à leur dynamisme, les agents arrivent à faire face à la situation.
Concernant les difficultés évoquées par les uns et les autres, qui sont apparemment identiques pour tous les centres, la ministre a pris bonne note et a promis d'y remédier.

 

Source : www.lesahel.org
Mamane Abdoulaye